Calendriers de l’avent, calendriers de l’après : quand Noël devient une affaire de consommation sans fin…

Le point d’ancrage anthropologique de la Société de croissance, c’est donc l’addiction de ses membres à la consommation. » – Albert Jacquard

Nous ne sommes que début octobre et voilà déjà que les publicités pour les calendriers de l’avent inondent les réseaux sociaux.

Il y a bien sûr les publicités classiques, mais également de nombreux influenceurs qui y voient l’occasion de réaliser une ou plusieurs vidéos : comparatifs, avis, ouvertures en avant-première… Bref, le calendrier de l’avent est devenu un véritable événement à lui tout seul !

De mémoire, quand j’étais jeune (non pas que je sois si vieille que cela, cela dit 🤣), les calendriers de l’avent étaient essentiellement destinés aux enfants et se limitaient, pour la plupart, à des chocolats. On avait alors le choix entre quelques grandes marques comme Kinder, Lindt et autres. 🍫

Ma mémoire me fait-elle défaut ?

Depuis quelques années, non seulement le choix pour les enfants s’est considérablement élargi, mais le véritable marché juteux semble désormais se situer du côté des adultes.

Beauté, bijoux, thés, cafés, jouets, gourmandises, produits de luxe… Chaque marque et secteur d’activité débordent d’idées et d’originalité pour sortir « THE calendrier » : design de la boîte, présentation soignée, effet de surprise, prix « prétendument » attractifs…

« Prédenduement » attractif ?

Certains influenceurs prennent plaisir à nous partager le soit disant « coût réel » de la totalité des articles présents dans le calendrier versus le prix du calendrier ….

Bien évidemment, à chaque fois, c’est une « TRÈS BONNE AFFAIRE ». Il ne faut surtout pas passer à côté. Mais finalement, sur les 24 surprises que nous aurons eu, de combien avons nous réellement besoin ?

Et puis, les prix de ces calendriers ne sont pas forcément comparables au prix du simple calendrier de chocolats (bien qu’extrêmement onéreux aussi). Le calendrier de l’avent revient parfois plus cher que le cadeau de noël en lui même 😱

C’est vrai que c’est magnifique …. Mais ⬆️ coûte 195 euros 😱

Et pour nous donner encore davantage envie de dépenser, dans une période où l’argent sort parfois plus vite qu’il ne rentre, nous avons maintenant droit aux calendriers de l’après. 🤷‍♀️

Parce que visiblement, 24 jours de surprises ne suffisent plus. Il faut désormais prolonger le plaisir après Noël !

L’an dernier, j’avais déjà rédigé un article sur le sujet, davantage axé sur les différentes idées de calendriers disponibles.

Aujourd’hui, j’ai plutôt envie d’apporter un regard critique sur cette tendance.

Pourquoi cette frénésie autour des calendriers de l’avent, et maintenant de l’après ?

Une envie de prolonger la magie des fêtes ?

Peut-être y a-t-il d’abord une volonté de faire durer les fêtes et le plaisir qui les accompagne le plus longtemps possible.

Après tout, décembre est souvent associé à une période particulière : les décorations, les lumières, les retrouvailles, les petites attentions et cette atmosphère un peu différente du reste de l’année.

Le calendrier de l’avent permet de faire entrer cette ambiance dans notre quotidien, en nous offrant chaque jour un petit rendez-vous attendu.

Et il faut reconnaître que l’idée est plutôt séduisante : avoir une petite surprise à découvrir chaque matin, comme un compte à rebours avant Noël.

Mais est-ce vraiment la magie de Noël que nous recherchons, ou simplement le plaisir de recevoir quelque chose chaque jour ?

Le plaisir régressif : retrouver une part de notre enfance

Il y a également cette dimension nostalgique, presque régressive.

Ouvrir une petite case chaque matin, retrouver l’impatience de découvrir ce qui se cache derrière… Cela nous ramène probablement à une époque où les plaisirs étaient plus simples.

Un phénomène que l’on retrouve d’ailleurs dans d’autres tendances actuelles : les adultes se remettent aux LEGO, au coloriage ou à certaines activités traditionnellement associées à l’enfance.

Bien sûr, ces pratiques répondent aussi à une volonté de se détendre, de se vider la tête et de s’accorder une pause dans un quotidien parfois chargé.

Le calendrier de l’avent pourrait donc participer de cette même recherche de légèreté.

Mais il existe une différence : là où construire un LEGO ou colorier implique une activité, le calendrier repose principalement sur l’attente et la découverte d’un produit.

Et c’est précisément là que la question de la consommation se pose.

Quand le plaisir devient un argument marketing

Car derrière cette jolie boîte soigneusement mise en scène, il y a aussi une stratégie commerciale particulièrement bien pensée.

Le calendrier de l’avent joue sur plusieurs leviers :

  • La rareté, avec des éditions limitées qui incitent à acheter rapidement.
  • La curiosité, grâce à la promesse de découvrir un contenu caché.
  • La nostalgie, en ravivant des souvenirs d’enfance.
  • La perception d’une bonne affaire, avec une valeur totale annoncée supérieure au prix d’achat.
  • La pression sociale, entretenue par les vidéos de déballage et les comparatifs sur les réseaux sociaux.

On ne nous vend donc plus uniquement 24 produits : on nous vend 24 petits moments de plaisir, soigneusement emballés.

Et lorsque l’on ajoute à cela les calendriers de l’après, la mécanique devient encore plus intéressante.

La période de consommation ne s’arrête plus à Noël. Elle se prolonge, sous couvert de surprises et de petits plaisirs.

Et si nous prenions simplement le temps de nous demander ce que nous achetons vraiment ?

Je ne suis évidemment pas contre le principe du calendrier de l’avent. Il peut être une jolie attention, un cadeau original ou simplement un petit plaisir que l’on s’offre.

Après tout, chacun est libre de dépenser son argent comme il l’entend.

Mais je trouve intéressant de s’interroger sur cette multiplication des offres et sur notre capacité à résister à l’envie d’acheter, simplement parce qu’un produit est présenté comme incontournable.

Avons-nous réellement besoin d’un calendrier de l’avent beauté, d’un calendrier gourmand, d’un calendrier spécial thé, puis d’un calendrier de l’après ?

Ou avons-nous progressivement intégré l’idée qu’il faut nécessairement se faire plaisir en achetant quelque chose ?

Peut-être que le véritable luxe, finalement, serait de retrouver le plaisir d’attendre Noël sans avoir besoin de transformer chaque journée de décembre en une nouvelle occasion de consommer.

Et vous, que pensez-vous de cette évolution ? Êtes-vous adeptes des calendriers de l’avent ou trouvez-vous que le concept commence à aller un peu trop loin ?


Quand même …. Quelques idées de calendriers que j’aime bien ❤️

❤️ Pour les lecteurs :

La romancière

Les minis livres (nouvelle mode ???)
  • Amazon
  • Prix : 42,99 euros
  • Le principe : 24 mini livres de bonne qualité qui peuvent être lus (ne faut il pas avoir de bons yeux pour ça 🤓 ?!), décorer le sapin ou encore décorer une bibliothèque.

❤️ Pour toute la famille

  • Amazon
  • Prix : 29,99 euros
  • Le principe : toute la famille a 24 jours pour trouver le meurtrier en réunissant les indices.

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