Il y a certains restaurants où l’on passe un bon moment, et d’autres dont on se souvient toute sa vie. Notre séjour à l’Auberge du Vieux Puits, chez le chef triplement étoilé Gilles Goujon, fait sans aucun doute partie de cette seconde catégorie.
J’ai eu la chance de vivre cette expérience avec ma petite famille : un dîner gastronomique d’exception, prolongé par une nuit à l’hôtel de l’établissement. Bien plus qu’un simple repas, ce fut une véritable parenthèse hors du temps.
Habitants a 1h30 de Fonjoncouse, petit village où se situe cet emblématique établissement, nous aurions largement pu rentrer après le repas. Cela dit, suite à cette véritable orgie culinaire, il était plus raisonnable de rester sur place. Et s’est sans compter que loger dans une des chambres élégamment et sobrement décorée permets de vivre une parenthèse plus longue …


On ne se rend pas à l’Auberge du Vieux Puits par hasard. En effet, nichée dans ce petit coin isolé dans les Corbières, cette escapade se mérite. À un peu plus d’une heure de Perpignan, la route serpente et laisse, peu à peu, place à des paysages épurés mêlant vignes et collines. Les grillons, omniprésents en été, accompagnent notre arrivée et installent immédiatement cette sensation de déconnexion tant attendue dans un décor de carte postale !

Dès notre arrivée, tout est pensé pour que l’on se sente attendus.
L’accueil est tout simplement remarquable. Pas d’attente, pas de formalités interminables : nous sommes immédiatement pris en charge avec une attention qui nous fait nous sentir unique. Nous sommes ensuite immédiatement accompagnés jusqu’à notre chambre.
Une délicate attention nous attend également : des fruits frais sont mis à disposition. Une excellente idée… même si, connaissant le dîner qui nous attend, mieux vaut ne pas trop s’y attarder !
Sur la terrasse ombragée par les oliviers, tout est prévu pour décompresser totalement : transats, piscine, sans oublier les grillons qui font partis intégrantes de cet univers si paisible.
Le dîner
Je ne vous dévoilerai pas toutes les petites attentions que réserve notre arrivée au restaurant… mais tout est fait pour se sentir bien. La seule chose a laquelle nous avons à réfléchir : le choix du menu, qui s’avère somme toute assez simple (le choix, pas le menu ;)).
Sont en effet proposés deux menus : « air de fête en Corbières », qui consiste plus à un menu surprise composé de quatre plats, fromage et dessert OU « quelques pas dans la Garrigue », composé, lui de trois plats, fromage et dessert.
Pour cette aventure, nous avons opté pour cette deuxième option, qui nous semblait largement suffisante. Parce que ce n’est pas « juste » trois plats qui nous sont servis mais les plats, l’entrée, les amuses bouchés, le fromage, le dessert et les mignardises. Oui oui, rien que ça ….






Je parlais d’une aventure : effectivement, il s’agit là d’une vraie aventure culinaire et gustative. Le mot aventure pourrait même être employé au pluriel car chaque plat est une vraie découverte et voyage à lui seul. Les serveurs prennent le temps de nous compter l’histoire du plat, parfois nous faisans découvrir la provenance de tel ou tel ingrédient. Bien que le chef aime cuisiner avec les produits locaux (ayant lui même un potager dans le village) : le poisson de Méditerranée, le pain frais d’Iles sur Tête (au nord de Perpignan), …. Nous sommes également transportés en Australie avec la truffe généreusement servie lors de la dégustation de l’emblématique « œuf pourri », plat signature du Chef Goujon.

Il y aurait tellement à dire sur ce menu : que le pain est livré deux fois par semaine, précuit et conservé en chambre froide (mais pas congelé), que le chef préfère se faire livrer le thon en entier pour permettre à ses cuisinier l’apprentissage de la découpe (sachant que le tout sera utilisé), que le beurre, servi en début de repas, pour se suffire à lui même, juste avec un peu de pain, tellement il est excellent et parfaitement parfumé (aux algues, au piment d’Espelette et à la betterave), que l’huître servie en entrée relève d’une technicité incroyable (tout comme la globalité du menu finalement) avec sa bille de sucre qui dégage une bonne odeur de fumé en la cassant,…

Le petit déjeuner
Le petit déjeuner peut être servi en chambre ou à côté de la piscine (selon la saison je suppose). Nous avons profité du privilège du service en chambre, sur la terrasse, à l’ombre des oliviers.
À l’image de tout le reste, pour le p’tit déjeuner, rien n’est laissé au hasard : nappe blanche, confitures faites maison (et excellentes !), croissants, pains au chocolat, pain frais, boisson chaude au choix (le chocolat chaud est une vraie tuerie !), jus de fruits ET, bien que nous pensions que c’était une blague quand ils nous l’ont proposé, une portion de cassoulet (oui oui nous sommes toujours bien au petit déjeuner).



Gilles Goujon
C’était la 4eme fois que mon chéri et moi même allions chez Gilles Goujon en 15 ans. Nous l’avons vu 3 fois sur 4. Il a l’habitude de faire le tour des tables en fin de service. Cette fois ci, c’est son fils Enzo qui prenait la relève, Le Chef étant absent cette semaine la.
Cela dit, on ne peut que constater que son personnel est constant. Les responsables sont les mêmes depuis très longtemps. Il a à cœur de faire partager son art aux plus jeunes et à, de ce fait, toujours, que ce soit en salle ou en cuisine, des jeunes qu’il prend plaisir à former. La formation et le partage sont pour Monsieur Goujon des valeurs essentielles.
Nous sentons, en étant sur place, une équipe solide et unie.
D’ailleurs, sont deuxième fils, Enzo, est le chez pâtissier du restaurant et a ouvert une chocolaterie au sein même de l’établissement.
En conclusion
Gilles Goujon, c’est bien plus que d’aller manger au restaurant. Le personnel est une famille, l’auberge, un endroit hors du temps, le service en salle, du théâtre. Et le repas, de l’art !









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